Collection et occasion

Ordinateurs d'échecs d'occasion : Saitek Kasparov, Mephisto, Novag et Chess Challenger

Mis à jour le 18 octobre 2026 · Rédaction Brunoy Échecs · Caractéristiques vérifiées sur les sites des fabricants

Il suffit de fouiller une brocante ou un grenier, en Wallonie comme à Bruxelles, pour tomber un jour sur un jeu d'échecs électronique Kasparov : c'est un ordinateur d'échecs de la marque Saitek, qui a commercialisé à partir de 1987 une gamme au nom du champion du monde. Avec Mephisto, Novag et Fidelity (Chess Challenger), Saitek a dominé le marché des années 1980 et des années nonante. Ces appareils se trouvent aujourd'hui d'occasion : leur intérêt est surtout historique et sentimental, car un modèle récent joue bien plus fort.

Ordinateur d'échecs autonome : appareil qui joue aux échecs sans ordinateur ni connexion, grâce à un programme gravé dans sa mémoire. Le joueur déplace les pièces sur un plateau à capteurs, la machine calcule sa réponse et la signale par des diodes ou sur un écran, puis le joueur déplace à la main la pièce adverse.

Jeu d'échecs électronique Kasparov, Mephisto, Novag : les marques en un tableau

Le jeu d'échecs électronique est né à la fin des années 1970 aux États-Unis, avant que l'Europe et Hong Kong ne prennent le relais. Le tableau ci-dessous récapitule les marques que l'on croise le plus souvent sur le marché de l'occasion.

MarquePays d'originePériode marquanteModèles emblématiques
Fidelity ElectronicsÉtats-Unis (Chicago, puis Miami)1977 à la fin des années 1980Chess Challenger, Chess Challenger 7
Saitek (SciSys jusqu'en 1987)Hong Kong1979 à 2000Gamme Kasparov, dont le GK 2000 (1992) et le GK 2100 (1993)
Mephisto (Hegener + Glaser)Allemagne (Munich)1980 à 1994, puis sous SaitekBrikett, puis les modules aux programmes de Richard Lang
NovagHong Kong1978 à 2009Constellation (1983), Citrine (2006)
Conchess (Consumenta)Allemagne, programme suédoisDébut des années 1980Conchess, programmé par Ulf Rathsman
Sources : chessprogramming.org (fiches Fidelity, Saitek, Novag, Conchess), Wikipédia (Mephisto, Jeu d'échecs électronique).

Fidelity et le Chess Challenger, le pionnier de 1977

Le Chess Challenger de Fidelity Electronics passe pour le premier jeu d'échecs électronique commercialisé. Il a été dévoilé au salon de l'électronique grand public de Chicago en janvier 1977, et l'encyclopédie Wikipédia cite une première série d'environ mille exemplaires. Le Chess Challenger 7, sorti en 1979, est le modèle de cette famille qu'on rencontre le plus souvent dans les brocantes : un boîtier compact, un clavier pour saisir les coups et un petit afficheur.

Fidelity a ensuite décroché plusieurs titres mondiaux de micro-ordinateurs d'échecs au début des années 1980, avant d'être rachetée en 1989 par l'Allemand Hegener + Glaser, le constructeur de Mephisto. Pour un collectionneur, le Chess Challenger vaut avant tout comme témoin : c'est le point de départ de toute l'histoire racontée sur ce site.

Saitek et la gamme Kasparov

Saitek a été fondée à Hong Kong en 1979 par Eric Winkler, d'origine suisse, sous le nom de SciSys, qu'elle a gardé jusqu'en 1987. La collaboration avec Garry Kasparov a débuté en 1983 et la marque Kasparov figure sur les appareils à partir de 1987. C'est pourquoi tant de lecteurs cherchent « jeu d'échecs électronique Kasparov » : le nom du champion s'affichait sur des dizaines de modèles, du petit appareil de voyage au plateau de table à diodes.

Saitek a racheté Hegener + Glaser, et donc la marque Mephisto, en 1994. La division a ensuite changé plusieurs fois de mains : Mad Catz a acquis Saitek en 2007, puis Logitech a repris la marque en 2016, pour ses accessoires de simulation de vol plutôt que pour les échecs.

Mephisto, la marque de Munich

Hegener + Glaser est née à Munich en 1969, fondée par Manfred Hegener et Florian Glaser pour fabriquer des semi-conducteurs. Le nom Mephisto apparaît en 1980, avec un premier modèle surnommé « Brikett ». La réputation de la marque tient surtout aux programmes du Britannique Richard Lang : ses moteurs ont permis à Mephisto de gagner les championnats du monde des micro-ordinateurs d'échecs de 1984 à 1990.

Après le rachat par Saitek en 1994, Manfred Hegener a fondé au milieu des années 1990 la société Millennium, toujours établie près de Munich. Le lien entre les époques est direct : Millennium vend aujourd'hui des ordinateurs qui portent à nouveau la marque Mephisto, comme le Mephisto Phoenix, et son ChessGenius reprend le programme de Richard Lang. Si l'esprit Mephisto vous séduit mais que vous voulez un appareil neuf, lisez notre page sur la gamme Millennium ChessGenius.

Novag, de la Constellation à la Citrine

Novag a vu le jour à Hong Kong en 1978. L'Américain David Kittinger l'a rejointe en 1981 et a signé plusieurs de ses moteurs les plus connus. Deux modèles reviennent souvent dans les annonces :

La société a été vendue en 2009. Les modèles Novag restent prisés des collectionneurs, mais les pièces de rechange (pièces d'échecs, adaptateurs secteur d'origine) se raréfient.

Comment fonctionne un ordinateur d'échecs

La plupart des ordinateurs de table de cette époque reposent sur un principe simple. Sous chacune des 64 cases se trouve un interrupteur à lame souple (reed), et chaque pièce renferme un aimant. Quand une pièce est soulevée ou posée, le contact s'ouvre ou se ferme. L'appareil ne reconnaît pas la nature de la pièce : il part de la position initiale et suit les déplacements case par case. D'autres modèles, plus simples, recourent à une membrane sensible à la pression : il faut alors appuyer sur la case de départ, puis sur la case d'arrivée.

Côté calcul, le programme explore un arbre de coups possibles et évalue les positions obtenues. La méthode dite alpha-bêta, un raffinement de l'algorithme minimax, permet d'écarter les branches qui ne peuvent pas changer le résultat et donc de calculer plus profond avec un processeur modeste. C'est ce qui permettait à ces machines de jouer correctement avec quelques kilo-octets de mémoire.

Un ordinateur des années 1980 bat sans peine un débutant, mais il est nettement plus faible qu'un appareil actuel comme le ChessGenius Pro, annoncé à plus de 2 200 Elo par son fabricant, ou qu'un échiquier relié à un moteur en ligne.

Acheter un ordinateur d'échecs d'occasion : la liste de contrôle

Un appareil ancien a pu passer trente ans dans un grenier. Avant d'acheter, contrôlez les points suivants :

  1. Le compartiment à piles : des piles oubliées coulent et rongent les contacts. Demandez une photo du compartiment ouvert.
  2. Toutes les cases : sur un plateau à capteurs, un interrupteur peut être mort. Le vendeur doit pouvoir montrer une partie de quelques coups.
  3. Les diodes et l'afficheur : une ligne ou une colonne de diodes éteinte rend l'appareil pénible à utiliser.
  4. Les 32 pièces : il manque souvent un pion ou une dame. Sur un plateau à aimants, une pièce de remplacement doit contenir un aimant.
  5. L'alimentation : de nombreux modèles de table utilisent un adaptateur spécifique. Vérifiez la tension et la polarité avant de brancher un adaptateur de substitution.
  6. La notice : sans elle, les combinaisons de touches (niveaux, retour en arrière, mise en place d'une position) sont difficiles à deviner.

Collection ou entraînement ?

Pour la nostalgie, un Mephisto ou un Kasparov en bon état garde tout son charme. Pour progresser, un appareil récent est plus utile : il joue plus fort, offre des niveaux mieux étagés, des aides au débutant et parfois une connexion à Lichess ou à Chess.com. C'est le cas de The King Performance, héritier direct de l'école allemande. Pour comparer avec un ordinateur d'échecs neuf d'aujourd'hui, la sélection d'une boutique spécialisée donne une bonne idée de l'offre actuelle.

Un dernier mot pour les amateurs de Belgique : si vous dénichez un vieux Mephisto chez un brocanteur, comparez l'annonce avec les repères de ce guide avant de négocier, et gardez à l'esprit qu'un appareil récent vous rendra de meilleurs services pour préparer une ronde de la FRBE-KBSB.

Questions fréquentes

Comment fonctionne un ordinateur d'échecs ?

Le plateau repère les déplacements grâce à des capteurs placés sous chaque case (interrupteurs magnétiques ou membrane à pression). Le programme explore les coups possibles, évalue les positions par une recherche de type alpha-bêta, puis indique son coup au moyen de diodes ou d'un écran.

Quel a été le premier jeu d'échecs électronique ?

Le Chess Challenger de Fidelity Electronics, présenté à Chicago en janvier 1977, passe pour le premier jeu d'échecs électronique commercialisé.

Pourquoi tant de jeux d'échecs électroniques portent-ils le nom Kasparov ?

Saitek a collaboré avec Garry Kasparov à partir de 1983 et a apposé la marque Kasparov sur ses ordinateurs d'échecs à partir de 1987, pour des modèles de poche comme de table.

Où trouver le mode d'emploi d'un jeu d'échecs électronique Kasparov ?

Saitek n'existe plus sous sa forme d'origine. Les notices circulent surtout sur les sites de collectionneurs et les forums consacrés aux ordinateurs d'échecs : cherchez avec le nom exact du modèle inscrit sous l'appareil.

Un vieux Mephisto joue-t-il bien ?

Les meilleurs Mephisto ont été champions du monde des micro-ordinateurs entre 1984 et 1990. Ils restent redoutables pour un joueur occasionnel, mais un appareil actuel est nettement plus fort et plus pratique.